Le mois de Ramadan modifie les horaires, pas les besoins du corps. Si les journées de jeûne peuvent fatiguer et que les tables du ftour se chargent de mets généreux, l’équilibre alimentaire ne doit pas être relégué au second plan. Les spécialistes rappellent qu’il n’est ni nécessaire ni recommandé de multiplier les repas copieux pour “tenir” jusqu’au lendemain.
Manger davantage le soir ne prolonge pas l’énergie sur la journée suivante. Au contraire, les excès sollicitent inutilement le système digestif et favorisent la prise de poids. Le principe reste simple : conserver une alimentation similaire à celle adoptée le reste de l’année, en ajustant uniquement les horaires.
Structurer ses repas, sans surcharge
Le nombre de repas après la rupture du jeûne dépend des habitudes et des besoins de chacun. Certains privilégient deux repas principaux, le ftour et le shour. D’autres optent pour trois prises plus légères. L’essentiel est de laisser un temps de repos à l’estomac entre chaque repas et d’éviter le grignotage continu jusqu’au coucher.
Le ftour gagne à rester modéré pour ne pas brusquer la digestion. Une soupe, du pain complet accompagné de fromage, quelques dattes et fruits secs constituent une base équilibrée. Une version plus traditionnelle peut inclure une harira, un œuf dur et un peu de pain, en veillant aux portions.
Le dîner, pris plus tard dans la soirée, doit être complet sans être lourd. Du poisson ou une source de protéines maigres, des légumes et des céréales complètes forment un ensemble cohérent. Un produit laitier et un fruit frais peuvent compléter le repas. Il est conseillé de dîner suffisamment tôt pour éviter de se coucher immédiatement après.
Miser sur les sucres lents au Shour
Le dernier repas avant l’aube joue un rôle clé. Les spécialistes recommandent des aliments à index glycémique modéré pour soutenir l’organisme sur la durée. Le pain complet, l’amlou, le beurre de cacahuète, l’avocat ou encore un riz au lait maison apportent une énergie progressive. Les fruits frais, secs ou à coque complètent utilement l’apport nutritionnel.
Les sucres rapides, en revanche, sont à limiter. Les biscuits et produits sucrés provoquent des pics glycémiques suivis d’une sensation de faim plus précoce. L’hydratation reste également déterminante. Boire régulièrement entre le ftour et le shour aide à compenser les pertes de la journée.
Enfin, une activité physique légère, adaptée au rythme du jeûne, favorise la digestion et le bien-être général. Marcher après le ftour ou pratiquer un exercice modéré en soirée permet de préserver une routine saine. Ramadan invite à la discipline. L’assiette peut en être le premier terrain d’équilibre.


